A table avec Tarzan

A table avec Tarzan

« Décoré comme un plateau de cinéma d'aventure, le Jungle Café vient d'ouvrir discrètement ses portes au Busquet. Une incroyable aventure.
Avant de monter les marches à Cannes, une actrice, même la plus glamour a besoin de se faire une beauté, de choisir sa toilette chez un grand couturier,de se préparer à affronter la foule. Ouvert dans la plus grande discrétion il y a quelques jours à côté d'Oscar Cinés, le Jungle Café est un peu comme une starlette sur la Croisette. Il a besoin de se faire désirer un peu, de rôder un scénario longuement mûri, de soigner ses répliques saignantes avant le final cut, le feu des critiques...
"Nous sommes en rodage", glisse Erick Ducournau comme pour s'excuser de ces débuts timides. "Installer un restaurant, bar, lounge, lieu de nuit dans un décor de cinéma n'est pas forcément évident pour une équipe. Il faut prendre ses repères, peaufiner les derniers réglages. Et puis près de deux ans de chantier et de travail, çà donne envie de savourer un peu égoïstement son bonheur, avant de le partager."

Super production. Au montent de se lancer dans cette super production un peu folle, Erick Ducournau a en effet beaucoup rêvé avec ses associés Christian Martin et Nadia Palacio. Puis il a fallu se retrousser les manches, transposer les délires dans la réalité, entre quatre murs, en pleine zone du Busquet.
"Nous avons essayé de mixer dans un lieu, six grands classiques des salles obscures. La trilogie d'Indiana Jones (l'arche perdue, le temple maudit et la dernière croisade) et la Momie ont inspiré le temple et la jungle. A la poursuite du diamant vert a donné le tempo pour la cascade. La façade en bambou est de King Kong. Le pont de singe et la cabane du Dj ont été soufflés par Tarzan. Les pirogues par Tintin et Crocodile Dundee a prêté ses crocodiles."
Pour meubler et décorer cette jungle très sexy, les entrepreneurs sont allés à Bali et aux Philippines. "Beaucoup de choses ont été crées par nous : le bouddha géant en bois qui mesure quatre mètres de hauteur et pèse quatre tonnes, diverses statues de déesses, des plats en forme de pirogue, des chaises en bananier, des supports en résine pour les verres à cocktail..."
Erick Ducournau et Christian Martin déballent ces trouvailles destinées à transformer un repas un peu festif en moment d'évasion. Car la carte elle-même, fait de l'oeil aux cinq continents (Australie, Europe, Amérique, Afrique, Asie), avec une cuisine à base d'épices, de classiques asiatiques revisités, de plats combinés à midi, de sorbets au wasabi, cumin, curry coco, tamarin, haricot rouge...
"Nous avons bénéficié du coup de pouce d'un ami singapourien, Asri Bin Mamet pour la mise au point de la carte, avec Nathalie Ducournau et Sabine Martin, nos deux épouses, qui veillent sur les cuisines. Côté cocktails, on innove également avec des recettes des îles concoctés par nos deux barmen senior : Vaudoo Trouble, Pigmée, Désir d'un soir au rayon alcoolisé. Baby Kong, Tropical Kid pour les enfants..."
7 cafés différents, 27 bières du monde, 25 vins de 14 pays différents du Chili à la Chine en passant par Bordeaux, l'Australie, la Californie... complètent les réjouissances. "A part les boissons, on utilise des ingrédients locaux, frais. Les distances altèrent la qualité des produits", précise Christian Martin.
Pour le décor, les restaurateurs ont travaillé également avec un groupe d'artisans locaux (...). Des corps de métier aussi différents que les électriciens, ferronniers, menuisiers, plombiers, climaticiens, plâtriers... Le chantier a duré 14 mois. (...)
Le résultat est là. Les dirigeants catalans d'Oscar Cinés ont été séduits et envisagent de dupliquer le concept en Espagne. En attendant de la multiplier dans différentes villes si çà marche. Et la France pourrait suivre. Un Jungle Café à Anglet, Bordeaux, Paris, Marseille, ça serait mieux que la guerre des étoiles, non ?

Portrait - Ils sont les rois du restaurant conceptuel

En quinze ans, Erick Ducournau s'est construit un petit royaume dans la restauration.

Adolescent à Aire-sur-l'Adour, Erick Ducournau organisait les boums du lycée; les bancs de l'école qu'il a quitté rapidement pour filer en douce sur la côte basco-landaise afin d'obéir à un rêve de gosse. "C'était en 1980 ou 81. Je voulais vivre ici. J'ai encore le souvenir d'une grosse épave de bateau au milieu de l'Adour. C'était un peu mystérieux, attirant. J'ai débuté comme serveur à Capbreton au Marin. Mais j'habitais déjà à Bayonne. Puis je suis allé faire mon service militaire."
A son retour, Erick Ducournau travaille quelques années dans la représentation. Puis il se lance dans la restauration. Il entame alors un vrai parcours de self made-man.
"En 1993, j'ai pris une concession aux Sables d'Or. C'était nouveau. Mais il y a eu une polémique entre le maire et les restaurateurs voisins. Je devais rester trois ans. Deux ans plus tard, j'ai enchaîné au Maylis à Biarritz, puis au Player's". Avant de lancer le Rio Grande Saloon, Erick Ducournau crée la brasserie l'Eden Café au BAB 2. Il va s'appuyer sur ces réussites pour jeter les bases sur un petit empire. Pour le Jungle, il s'associe à son beau frère, Christian Martin, qui tient une discothèque en Bretagne et à Nadia Palacio. Le projet est énorme. L'investissement dont le chiffre est tenu secret est coquet.
21 personnes travaillent dans ce nouveau temple de loisirs qui compte 144 places assises, dont 32 au bar lounge.
L'endroit sera ouvert tous les jours, sauf le dimanche. Erick Ducournau et ses associés ont déposé à l'INPI le concept de leur dernier né. »

Date

22 janvier 2015

Tags

Sud Ouest